Le Clos du Lecteur

Association gérant la bibliothèque de Peaugres

David Bowie n’est pas mort de Sonia David

C’est dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister que j’ai lu le roman de Sonia David: David Bowie n’est pas mort.

C’est d’abord le titre qui m’a attiré, le même que celui de plusieurs articles ou éditos  parus le lendemain du décés de l’artiste. Leurs auteurs voulaient alors (se) nous convaincre de  l’immortalité  de David Bowie … Ici, il ne s’agit pas tant de David Bowie que d’une vision émouvante et positive du deuil auquel nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre… Ne sortez pas vos mouchoirs, le roman réussira à vous faire sourire plus d’une fois!

Le récit est organisé en trois parties : le décès de la mère, morte « Sans crier gare. »; puis celui du père « un malade immortel » presque un an après et, celui de David Bowie six mois après la mère. Hélène l’une des trois filles du couple raconte, ces trois pénibles journées avec un humour  à toute épreuve. Elle doit, avec ses trois sœurs, gérer sa souffrance et les détails matériels; mais surtout, elle se souvient et nous entraine avec elle dans l’intimité de sa famille….

J’ai été captivée par le portrait de la mère « froide, avare de gestes tendres, toujours critique », mais qui, pourtant, a gardé toutes les lettres et tous les petits mots envoyés par ses filles. Une mère avec laquelle il est difficile de tisser des liens, sauf quand elle est affaiblie par une maladie « Je viens d’avoir cinquante ans et ne conserve aucun souvenir de tendresse exprimée, de si clémente relation entre Maman et moi ». Une mère que l’on croit détester et pourtant…. « Je suis désarçonnée, complètement, de découvrir que l’on peut tout de même aimer quelqu’un que l’on aime pas»

Dans la deuxième partie, je ne me suis pas attachée à ce père dont la personnalité semblait bien terne, écrasée par celle de son propre père puis par celle de sa femme, puis par la maladie. Un homme fantasque cependant, et qui a toujours su par de petits gestes manifester son amour à ses filles, même après avoir refait sa vie avec leur baby-sitter…

J’ai été un peu désarçonnée par la troisième partie. Pourquoi mêler David Bowie à cette histoire familiale ? Pourquoi en parler « le troisième jour » alors qu’il est mort six mois après la mère, donc avant le père?…  Mais après l’avoir lue, je trouve que c’est une belle conclusion au roman : elle nous éclaire un peu plus sur les relations difficiles entre les trois sœurs. Et elle permet à l’auteur de conforter sa vision du deuil : comme la voix de David Bowie continue à se faire entendre, les défunts sont encore parmi nous grâce à ce qu’ils nous ont transmis et aux souvenirs accumulés. A la douleur de l’absence succède une douce nostalgie comme le suggère d’ailleurs la photo de la couverture..

 

Finalement j’ai apprécié ce roman_où je me suis parfois retrouvée_ qui met en évidence toute la complexité des liens familiaux, l’amour certes, mais aussi les incompréhensions qui génèrent de lourdes tensions. Il donne une autre vision du deuil qui certes est une grande souffrance face au vide, mais permet de revisiter son passé, de renouer des liens familiaux distendus par de vieilles rancunes, et de guérir de vieilles plaies.

Une belle découverte de cette rentrée littéraire!

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