Le Clos du Lecteur

Association gérant la bibliothèque de Peaugres

[Achats octobre 2014]

les moLes mots qu’on ne me dit pas

de Véronique POULAIN

Les mots qu’on ne dit pas, ce sont les mots que les parents de Véronique ne lui ont jamais dits parce qu’ils sont sourds et muets. Dans ce texte, elle raconte avec beaucoup d’humour son enfance et son adolescence, ses frustrations, sa colère, sa honte parfois mais aussi et surtout son amour, son admiration vis-à-vis de ses parents.
Le rythme du livre est rapide, presque saccadé. De très courts chapitres dressent le quotidien de Véronique sur base d’anecdotes, de scènes de la vie de tous les jours. Les phrases sont courtes, débarrassées du superflu, à l’image de la langue des signes.
Un magnifique témoignage parfois cruel comme peuvent l’être les livres de Jean Louis Fournier, dont nous avons plusieurs volumes en rayon.

j'aiJ’ai toujours aimé ma femme

de Gilles BORNAIS

C’est le dixième roman de Gilles Bornais, qui s’est fait connaître par des romans noirs et des polars historiques très vivants. Il change ici de registre, présentant un suspense intimiste qu’il qualifie de “roman d’amour noir”.
Jean-Baptiste et Mylène filent le parfait amour depuis plus de vingt ans. Leur couple est solide, harmonieux, bref idéal. Et pourtant, un soir comme tous les autres, en rentrant du travail, Jean Baptiste découvre sur la table de cuisine, ce petit mot : « Je ne rentrerai pas ». Entre incompréhension et inquiétude il échafaude diverses hypothèses …Mais, peu à peu, l’image du couple parfait s’effrite…
Un récit animé de multiples questions sur les rapports entre femme et homme, l’amour, la fidélité. Mais, comme dans un polar l’auteur entretient le suspense, nous entraîne sur de fausses pistes, révèle la psychologie des personnages par petites touches, nous manipule…
Un gros coup de cœur !

wavWave

de Sonali DERANIYAGALA

26 décembre 2004, un tsunami déferle au Sri Lanka. Ce jour là l’auteure perd ses deux fils, son mari et ses parents. Les premières pages décrivent l’indicible : les morts, les corps recherchés, les gens hagards et perdus. Puis viennent les premières années de stupeur, où la survivante se sent comme un monstre, et peu à peu au fur et à mesure de sa reconstruction, elle se souvient de la vie des enfants, de la rencontre avec son mari, de leur amour…
Wave est un magnifique témoignage très émouvant sur le deuil, mais c’est aussi le tableau d’une superbe famille.

sauf qdSauf quand on les aime

de Frédérique MARTIN

Nous avions adoré « le vase où meurt cette verveine » alors nous ne pouvions manquer « Sauf quand on les aime ». Cette fois encore, Frédérique Martin nous livre un roman où les êtres sont écorchés par la vie, mais magnifiques sous leurs cicatrices.
Ils sont cinq aussi différents qu’inséparables, ils vont se lier, apprendre à exister les uns avec les autres, s’entraider, vivre ensemble, se tenir les coudes, mais aussi se heurter les uns aux autres.
Ce livre n’est pas un long fleuve tranquille : les héros subissent la réalité sociale : la violence au quotidien, le peu de perspectives d’avenir et la précarité. Et pourtant, c’est un magnifique message d’espoir : l’amitié, la solidarité, l’amour permettent de combattre les épreuves de la vie et l’injustice et de se construire un autre présent.
Un récit vif, amusant, toujours tendre, souvent poignant, parfois insoutenable. A découvrir absolument.

ellisLe dernier gardien d’Ellis Island

de Gaëlle JOSSE

Automne 1954 fermeture de Ellis Island, antichambre de l’immigration aux Etats Unis, qui aura vu passer plus de 12 millions d’immigrants. Le dernier gardien de l’île, homme solitaire, qui a passé toute sa vie sur l’île, se souvient… Il raconte ces années passées à « accueillir » aux « portes de l’Espoir » ces millions d’émigrants, aux histoires déchirantes.
A travers les mémoires fictives de cet homme ordinaire, Gaëlle Josse nous immerge dans la vie du centre avec les contrôles sanitaires et administratifs et nous fait découvrir une tranche de l’Histoire américaine… Elle nous invite aussi à une réflexion sur le thème de l’exil, de la perte de l’identité et des racines familiales. Et si on établit un parallèle avec l’actualité des migrants, l’histoire racontée prend une autre dimension, intemporelle et universelle.
Cerise sur le gâteau, Gaëlle Josse nous donne ainsi la possibilité de nous immerger plus avant dans l’univers qu’elle a déjà su créé en cliquant sur le lien ; http://www.derniergardienellis.tumblr.com

couleurLa couleur du lait

de Nell LEYSHON

A la fin du XIXème siècle, Mary jeune paysanne de 15 ans et quitte, malgré elle, la ferme familiale, pour devenir domestique chez le pasteur Graham dont la femme est de santé fragile. Là, elle découvre une nouvelle vie, plus douce, la lecture et l’écriture…mais elle devra payer très cher cette « élévation sociale » que ses sœurs lui envient.
Ce livre a un petit goût de Dickens : c’est une peinture sociale intense et dérangeante de l’Angleterre de l’époque, mais ce qui en fait sa force, c’est l’écriture. En effet, c’est Mary, la jeune illettrée d’hier qui nous confie son histoire dans son parlé campagnard, à la fois drôle, imagé et poétique. Son écriture est celle d’une personne qui vient juste d’apprendre à lire et à écrire : Pas de ponctuation, pas de majuscule, un retour à la ligne systématique à la fin de chaque phrase, des maladresses d’expression… Procédés d’écriture qui nous donnent la sensation de lire une confession trouvée dans une vielle malle au fond d’un grenier
Un petit livre insolite à la fois poignant et plein d’humour et de fantaisie.

Et enfin pour les plus petits un magnifique album:

flonFlon-Flon et Musette de ELZBIETA
Flon-Flon et Musette sont deux jeunes lapins. Amis depuis toujours, ils savent qu’ils se marieront quand ils seront plus grands. Mais cette belle histoire d’amour est gâchée par l’arrivée de la guerre. qui va les séparer pendant un long moment et emporter le père de Flon-Flon très loin.

Ce livre n’est pas récent puisqu’il a été édité en 1994. Mais quand nous l’avons découvert lors d’une conférence sur la littérature jeunesse, son achat nous a paru indispensable un mois avant la commémoration de la Grande Guerre. En effet, ce petit album évoque la guerre avec des mots simples en s’adressant aux plus petits sans jamais choquer. Les enfants sauront facilement s’identifier aux petits lapins et se retrouver face à la même incompréhension qu’eux : qu’est-ce que la guerre ? Pourquoi ne peuvent-ils plus jouer ensemble ?

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